Biographie d’Alfred de Musset.

 

Alfred_de_Musset« Crois tu qu’on oublie autant qu’on le souhaite ? »

 

 

Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Son père est un littérateur, devenu célèbre grâce à ses travaux sur Jean-Jacques Rousseau, à l’édition des œuvres du philosophe genevois. En compagnie de son frère Paul, l’enfant est confié dès 1817 aux soins d’un précepteur avant d’entrer deux années plus tard comme externe au Collège Henri IV. L’adolescent rédige alors des vers et conclut brillamment ses études secondaires en obtenant en 1827 le deuxième prix de dissertation latine au Concours général. Il refuse cependant d’entrer à l’École polytechnique malgré les injonctions de ses parents. Musset s’interroge au sujet de son avenir, abandonnant successivement des études de droit puis de médecine.

Au mois d’avril 1829 et sur les conseils de son père, il s’emploie dans une entreprise de fabrication d’appareils de chauffage à destination des armées. Il songe alors à entrer en littérature et fait la rencontre de Victor Hugo, le chef de file de la jeune génération romantique. Au mois de décembre de la même année paraissent d’ailleurs les « Contes d’Espagne et d’Italie ». Au soir du réveillon de Noël, Musset fait ensuite la lecture de ses poèmes dans le salon familial et en présence d’Alfred de Vigny, de Charles Augustin Sainte-Beuve et de Prosper Mérimée.

Les années qui suivent confirment cette vocation. En 1830, commence une collaboration avec le journal Le Temps. Alfred de Musset livre quelques articles de critique à la rédaction du périodique. La même année cependant, deux de ses pièces de théâtre connaissent un destin médiocre. « La Quittance du diable » ne peut être jouée au Théâtre des Nouveautés et, le 1er décembre à l’Odéon, c’est l’échec que connaît « La Nuit vénitienne ». Dépité, Musset fait alors le choix de s’éloigner de la « ménagerie », ne concevant désormais ses œuvres que pour la lecture. Au mois de décembre 1832 paraissent ainsi « Un Spectacle dans un fauteuil » qui contient « Namouna » et « A quoi rêvent les jeunes filles ». Sans grand succès là encore auprès du public.

En 1833, Musset entre à La Revue des Deux-Mondes. La même année est publié « Andréa Del Sarto », le 1er avril, puis « Les Caprices de Marianne » le 15 mai suivant et enfin « Lorenzaccio » le 18 juillet. L’écrivain mène une vie très mondaine. C’est à cette époque qu’il fait la rencontre d’Eugène Delacroix et surtout de George Sand. Au mois de juillet, celle-ci devient sa maîtresse et, le 12 décembre, les deux amants partent ensemble pour un voyage romantique à destination de l’Italie. En compagnie de Stendhal, ils descendent la vallée du Rhône en bateau avant de s’installer, le 1er janvier de l’année suivante, à l’Alberto Reale Danieli à Venise. Musset tombe alors gravement malade. Remis, il quitte enfin Venise en compagnie de George Sand après un séjour idyllique et passionné.

De retour à Paris, l’écrivain publie « On de badine pas avec l’amour » le 1er juillet 1834. La fin de l’année est alors faite de ruptures et de réconciliations entre celui-ci et sa maîtresse. George Sand entretient d’ailleurs une liaison avec un autre amant, le médecin italien Pagello qui avait soigné Musset à Venise. La rupture est inévitable. L’année suivante est particulièrement féconde pour l’écrivain. Le 1er février 1836 paraît « La Confession d’un enfant du siècle » puis « Il ne faut jurer de rien » le 1er juillet suivant. Musset se lie alors avec Aimée Dalton. Le 19 octobre 1837, le duc d’Orléans que l’écrivain avait connu au cours de ses études au Collège Henri IV le fait nommer bibliothécaire du ministère de l’Intérieur. Cet emploi permet à Musset de toucher une confortable pension de 3.000 francs par an.

Le poète poursuit son activité dans la presse parisienne. Il fait bientôt l’éloge de la comédienne Rachel qui débute alors à la Comédie Française au mois de novembre 1838. Au mois de juillet 1840 paraissent chez l’éditeur Charpentier des Poésies complètes et des Comédies et Proverbes. Musset multiplie les productions littéraires, celles-ci paraissant toujours dans La Revue des Deux Mondes : Une Soirée perdue le 1er août de la même année, « le Rhin allemand » le 6 juin 1841, « Histoire d’un merle blanc » le 14 octobre 1842.

Après une grave crise en 1840, sa santé s’altère. Pendant l’automne 1843, Alfred de Musset effectue un séjour à la maison d’arrêt de la Garde nationale pour n’avoir pas pris sa faction. Il est atteint d’une pleurésie en 1844. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur le 24 avril 1845, l’écrivain renoue l’année suivante avec le succès théâtral. Sa pièce, « Un Caprice », est jouée à la Comédie française. L’actrice Madame Allan s’illustre dans le premier rôle. Celle-ci sera bientôt l’amante de Musset. La même année paraît « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée », le 7 avril. Cependant, quelques temps plus tard, l’écrivain perd son emploi, les Journées de Février marquant la chute de la Monarchie de Juillet.

Sous la Seconde République, les pièces de Musset continuent à être jouées sur les scènes parisiennes : « Louison » au mois de février 1848 au Théâtre Français, « Le Chandelier » au mois de juin 1850. Enfin le 14 juin 1851, « Les Caprices de Marianne » est créé à la Comédie Française, à l’initiative de Bulloz, ancien directeur de La Revue des Deux-Mondes devenu administrateur de l’institution. Auréolé par ce nouveau succès, l’écrivain est enfin élu à l’Académie française, le 12 février 1852 et après trois tentatives. Installé au n°6 de la rue du Mont Thabor, Musset est nommé au mois de mars 1853 bibliothécaire du ministère de l’Instruction publique.

Dans les années qui suivent, il effectue de longs séjours au Croisic en 1854 puis au Havre l’année suivante pour des raisons de santé. Son état s’aggrave d’ailleurs rapidement. Alfred de Musset décède le 2 mai 1857. Après des obsèques à l’église Saint Roch le surlendemain, l’écrivain est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

Le manoir de Bonaventure sa demeure.

 

Après avoir traversé les siècles accompagné de son cortège de légendes et d’ombres illustres, le manoir de Bonaventure demeure, malgré les outrages que le temps- et parfois les hommes- lui ont infligés, l’un des hauts–lieux de la vallée du Loir. Dans un cadre paisible et verdoyant, au confluent du Loir et du ruisseau du Boulon, le site est aussi un lieu de passage puisque la route de Montoire à Vendôme et une des anciennes voies de Paris à Tours croisent tout près de là au Gué du Loir.

L’origine du nom du lieu est mystérieuse et, faute de document antérieur au 16ème siècle, c’est sur la légende qu’il faut s’appuyer. S’agit-il du nom de la chapelle dédiée à saint Bonaventure, mort en 1274 et qui séjourna chez les moines Cordeliers de Vendôme ? Est-ce une allusion à l’heureuse traversée du Gué pendant la guerre de Cent Ans qui fit de cette zone une frontière entre possession anglaise et française ? Encore ne serait-on oublier le jeu de mot plaisant (Bonne aventure) dont Molière s’inspira pour la chanson galante que fredonne Alceste dans « le Misanthrope » :

« si le roi m’avait donné
Paris sa grand-ville
Et qu’il me fallut quitter
L’amour de ma vie,
Je dirais au roi Henri :
Reprenez votre Paris ;
J’aime mieux ma vie, au gué
J’aime mieux ma vie »

Heureusement, l’archéologie et l’histoire lèvent le voile sur le mystère et éclairent de leurs précisions le flou de la tradition. Les fouilles actuelles ont mis à jour de très anciennes fondations sur lesquelles s’élevait au XIIIè siècle une maison religieuse appartenant aux Templiers de Vendôme, puis après 1312 aux Cordeliers dont Bonaventure était le grand saint. Au début du XVème siècle, les Cordeliers, pour observer la règle de pauvreté, doivent abandonner la Bonaventure qui échoit à des laïques. En 1533, le manoir est la possession de Nicolas Girard de Salmet, seigneur attaché au service d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, père du futur Henri IV.

La tradition veut que la Bonaventure ait alors été le théâtre de réjouissance auxquelles aurait participé Pierre de Ronsard, venu en voisin de son manoir de la Possonnière, à Couture-sur-Loir, c’est à cette époque qu’aurait vu le jour le refrain « La Bonne Aventure au Gué ».

Ce seizième siècle voit l’édifice s’enrichir d’un bâtiment Renaissance qui coiffe le bâtiment des Templiers et d’une chapelle Renaissance sur l’emplacement de celle des Templiers. L’enceinte d’origine est complétée par des fossés et un pont-levis, avec l’autorisation de celui qui allait devenir « le bon Roi Henri », Henri de Navarre, duc de Vendôme, en 1579.

En 1537, la Bonaventure change de propriétaire, à l’occasion du mariage de Marie, fille de Nicolas Girard de Salmet avec Claude de Musset. Elle restera propriété de la famille de Musset pendant 3 siècles, malgré deux interruptions(de 1699 à 1707 puis de 1786 à 1802).

En 1809, le domaine revient à Victor Donatien de Musset – Patay, propriétaire du domaine de la Vaudurière à Lunay, et père du poète Alfred de Musset qui, sous la restauration, y fait de fréquents séjours.Mais en 1833, dernier héritier des seigneurs de La Bonnaventure, il vend le manoir familial où sont nés tous les siens.

En 1847, la Bonaventure passe à la famille de Sachy de Fourdrinoy, puis en 1869 à la famille Memme dont le dernier possesseur, Robert, meurt en 1969. C’est à cette date que la Bonaventure est achetée par ses actuels propriétaires, la famille Magnant.

Après avoir traversé le XVIIème siècle en conservant son aspect médiéval et ses aménagements intérieurs, le bâtiment fut transformé et endommagé à la fin du XVIIIème siècle : sculptures rasées, meneaux de fenêtres brisés, vitrages au plomb supprimés, cheminées démolies, fenêtres murées. Le XIXème siècle accéléra la déchéance avec la destruction des linteaux des fenêtres et de leur décoration, la disparition d’une tour d’angle du bâtiment et d’une tour du portail. Le pigeonnier fut transformé en maison d’habitation puis en étable. Lorsque le manoir fut racheté en 1969, il était au bord de la ruine.

Classé monument historique en 1966, la Bonaventure est livrée en 1970 aux mains des ouvriers. D’abord orienté vers l’arrêt de la destruction et le sauvetage des bâtiments encore debout, l’essentiel du gros œuvre a été réalisé en dix ans, et grâce à l’acharnement de ses propriétaires, la Bonaventure est désormais sauvée.

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La rue du Mont Thabor.

 

Numéro 6, dernière adresse de Musset.

Il avait quitté le numéro 11 de la rue Rumfort en octobre 1852 pour venir s’y installer.

 

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