Biographie de Blaise de Monluc

 

1408« Un homme en vaut cent, et cent n’en valent pas un. »

 

Blaise de Montesquiou de Lasseran de Massecomme , seigneur de Monluc, dit Blaise de Monluc, né entre 1500 et 1502 à Saint-Puy, dans le Gers et mort le 26 juillet 1577 à Estillac. Principalement connu pour ses Commentaires, ce capitaine, fidèle serviteur de la monarchie, s’illustra pendant les guerres d’Italie et les guerres de religion. Après avoir servi successivement sous les rois François Ier de Valois, son fils Henri II, et les fils de ce dernier, François II, Charles IX et Henri III, il fut élevé à la dignité de maréchal de France par ce dernier.

Il était le fils aîné de François de Monluc, qui possédait plusieurs modestes seigneuries en Armagnac et en Agenais, et de Françoise de Mondenard, dame d’Estillac, où elle possédait un château. Il était l’aîné de cinq sœurs et de six frères. Le plus connu était Jean de Monluc, évêque de Valence. Joachim de Monluc, dit le Jeune Montluc, frère de Blaise, était seigneur de Lioux et de Longueville. Sa sœur, Anne de Lasseran-Massencôme, dame de l’Isle, a épousé François de Gélas, seigneur de Léberon et d’Ambres, et a eu deux fils, Antoine de Gélas de Léberon qui a participé aux combats de son oncle et Charles de Léberon qui a succédé à son oncle Jean de Monluc comme évêque de Valence et de Die.

Les Monluc étaient une branche cadette des Montesquiou, très vieille famille gasconne. Mais le père de Blaise était relativement désargenté et le jeune garçon eut une enfance toute campagnarde, sans guère de luxe et de confort. Accoutumé tôt aux exercices physiques, il ne reçut qu’une faible instruction, qui se borna aux rudiments, et plus tard il le regretta. Par relations, il fut admis comme page à la cour du duc Antoine de Lorraine, prince brillant qui combattit aux côtés de Louis XII contre les Vénitiens. Le duc, époux de Renée de Bourbon-Montpensier, tenait à Nancy une cour qui parut somptueuse à Blaise de Monluc, que l’on surnommait alors « Blaizot » ou « le page gascon ». Il y acquit une certaine éducation, améliorant en outre sa connaissance de l’équitation et de l’escrime. Trop jeune pour suivre le duc de Lorraine en Italie en 1515, Blaise de Monluc dut rester à Nancy où il fut attaché au service de la duchesse. Hors de page à 14 ans, selon la coutume, il tint d’abord garnison à Nancy. Mais désireux d’entamer une véritable carrière militaire, il quitta la Lorraine, retourna à Saint-Puy visiter ses parents qui lui donnèrent quelques secours, et se rendit à Milan où Lautrec et Lescun venaient de réprimer une émeute. Il y trouva ses deux oncles maternels, qui le firent entrer comme archer dans la compagnie de Lescun. La reprise de la guerre entre François Ier, et Charles Quint, en 1521, inaugure le début de la carrière militaire de Monluc.

Comme tous les jeunes nobles de son temps désireux de se distinguer avec panache dans le métier des armes, il suivit avec intérêt les fameuses guerres d’Italie, que par un euphémisme coquet l’on nomme « Voyages en Italie » . Dès qu’il fut en âge de porter les armes, il partit guerroyer.

Le rude apprentissage qu’il subit lors de la désastreuse campagne de 1522, marquée par la défaite de La Bicoque, lui fut utile. Sa compagnie revenue en Gascogne, il fut fait enseigne d’une compagnie de gens de pied et manifesta des talents de tacticien qui lui valurent les compliments du maréchal de Lautrec lors d’une campagne (combats de Saint-Jean-de-Luz relatés dans ses Commentaires) contre les Espagnols, en 1523. Homme d’armes en 1525 à la bataille de Pavie, il fut fait prisonnier sur le champ de bataille, mais trop pauvre pour être rançonnable, il fut relâché. Dès 1527, il participa en Italie à une campagne de Lautrec au cours de laquelle il fut blessé à deux reprises. Il participa au siège de Naples en 1528, mais la peste décima les troupes, qui durent se retirer. La mort de Lautrec et la déroute de l’armée française obligèrent Monluc à rentrer en Gascogne. Plusieurs années passèrent pendant lesquelles il fut seulement gendarme dans la compagnie du roi de Navarre. En 1534, la création par François Ier de légions nationales lui permit de devenir lieutenant d’une compagnie languedocienne. En 1536, Monluc contribua à la mise en déroute de l’armée de Charles Quint, qui avait envahi la Provence et assiégeait Marseille. Il fit notamment détruire une partie des moulins de la région marseillaise que les impériaux avaient réquisitionnés pour s’approvisionner en farine. Charles Quint dut enfin se retirer piteusement de Provence, ses puissantes troupes ayant été décimées par les épidémies de dysenterie et la malnutrition (les Français avaient pratiqué la politique de la terre brûlée en détruisant les récoltes et en empoisonnant de nombreux points d’eau).

Recommandé à Anne de Montmorency l’année suivante, Monluc reçut le commandement d’une compagnie de la garde du dauphin, futur Henri II, puis rejoignit l’armée du roi en Italie. Après avoir alterné séjours à la cour et campagnes militaires en Artois, dans le Roussillon, en Dauphiné et en Piémont, Blaise de Monluc joua un rôle important dans la bataille victorieuse de Cérisoles, en 1544. Le comte d’Enghien, frère d’Antoine de Bourbon, qui commandait en chef, le fit chevalier sur le champ de bataille. L’année suivante, il participa au siège de Boulogne,où il fut nommé maître de camp, ainsi qu’à plusieurs opérations autour de Calais.

 

Entre chaque campagne, il revint en Gascogne panser quelques blessures reçues au cours des combats : il en reçues de fort sévères. D’un premier mariage en 1526 avec Antoinette Isalguier, sont nés quatre garçons et trois filles. Une deuxième union, en 1564, lui apporta trois filles dont l’une sera religieuse. Or, faveurs et disgrâces royales lui étaient souvent acquises, les unes en fonction de ses mérites, les autres en raison de son tempérament bouillant, de son propre aveu « fort colère », que tempère à l’occasion la diplomatie de son frère cadet Jean, évêque de Valence, esprit fin et brillant ayant choisi la daplomatie plutôt que la carrière des armes.

A la mort de François Ier, en 1547, Blaise de Monluc fut d’abord désavoué par Henri II pour avoir pris le parti de La Châtaigneraie lors du célèbre duel qui opposa ce dernier au baron de Jarnac. Mais dès 1548, il fut promu maître de camp et gouverneur de Moncalieri, en Piémont. Bon administrateur, il multiplia les faits d’armes avec le comte de Brissac, lieutenant général du roi en Piémont. Grièvement blessé lors de la prise de Chieri, en 1551, il défendit Bene, Ceva et Caselle l’année suivante. Devenu familier du duc François de Guise, il fut également fait gentilhomme de la chambre du roi en 1553, ce qui lui permit de se rapprocher d’Henri II. Quand les Espagnols assiégèrent Sienne, en janvier 1554, le roi y envoya aussitôt Monluc comme gouverneur. La défense de Sienne, qui dura de juillet 1554 à avril 1555, fut l’un des faits les plus glorieux de sa carrière, malgré l’échec final. Malade et sans secours, il tint longtemps tête aux Espagnols qui durent pour ce siège mobiliser de nombreuses troupes qui lui rendirent les honneurs à sa capitulation. A son retour, Blaise de Monluc fut accueilli en triomphe par Henri II qui le reçut dans l’Ordre de Saint-Michel. Vite retourné à la vie militaire, Monluc prit Volpiano aux Espagnols et défendit Rome en 1556. En 1556 et 1557, il eut pour mission de défendre la petite république de Montalcino, créée par une grande partie des Siennois qui avaient préféré s’exiler à Montalcino plutôt que de subir à Sienne le joug espagnol. Henri II le fit peu après colonel général des gens de pied. En cette qualité de chef de l’infanterie, il participa au siège de Thionville, en juin 1558, et poursuivit avec les Guise une campagne qu’interrompit la trêve de Cercamp le 17 octobre 1558. La conclusion des traités du Cateau-Cambrésis, qui sacrifiait l’Italie, et la mort accidentelle de Henri II en 1559 furent durement ressenties par Blaise de Monluc.

 

Dans la période qui suivit la mort de Henri II, Monluc eut en Gascogne une attitude attentiste. Il assista aux débuts de la propagation de la Réforme dans le Sud-Ouest et fut scandalisé par la désobéissance des huguenots au roi, désobéissance accompagnée de mots de mépris envers la monarchie et les catholiques. Les réformés cherchèrent d’abord à l’acheter. Mais devant l’intransigeance de Monluc, et redoutant que ses compétences de chef de guerre ne se retournent un jour contre eux, ils cherchèrent à l’assassiner.

 

Dès 1561, il prêta main-forte au lieutenant-général de Guyenne, Charles de Coucis, seigneur de Burie. Il fut chargé officiellement par la reine de lever des troupes pour renforcer les défenses en Guyenne, région particulièrement troublée. La campagne de 1562 fut la plus terrible de la vie de Monluc. De son propre aveu, il dut malgré lui « user non seulement de rigueur, mais de cruauté ». Accompagné de deux bourreaux, il procéda à de nombreuses exécutions. Il ne se cachait pas de la terreur qu’il inspirait chez les huguenots, seul moyen selon lui de faire pression sur eux : « on pouvoit cognoistre par là où j’estois passé, car par les arbres, sur les chemins, on en trouvoit les enseignes. Un pendu estonnoit plus que cent tuez ». De grands excès furent commis des deux côtés : Monluc rivalisait de violence avec le capitaine protestant Symphorien de Duras. Les villes et villages pris étaient généralement livrés au pillage de la soldatesque, moyen efficace et peu coûteux de motiver des troupes qui étaient chichement soldées. Destructions, pillages, viols et exécutions sommaires furent pratiqués dans les deux camps. Monluc défit Duras à Targon le 15 juillet, puis avec Burie à Vergt le 9 octobre 1562. Il ne fut pas récompensé pour son action, obtenant seulement de partager la lieutenance de Guyenne avec Burie.

En 1563, fut signée la paix d’Amboise dont les conditions mécontentèrent Monluc et de nombreux catholiques. Il participa à la formation des ligues de gentilshommes catholiques dans le sud-ouest, ce qui lui valut d’être désavoué par la reine, qui lui demanda de les dissoudre. En 1565, la mort de Burie lui permit de devenir seul lieutenant-général et de récupérer le titre de vice-amiral de Guyenne. Dès 1563, Blaise de Monluc avoua ne pouvoir appliquer la politique royale de conciliation et offrit sa démission à deux reprises,sans succès.

Blaise de Monluc entra à nouveau en guerre dès la fin de septembre 1567, averti des préparatifs d’un soulèvement protestant en Guyenne. Avec la même énergie que par le passé, il conserva de nombreuses villes au roi, ceci avec de faibles forces. Il reçut l’ordre de reprendre La Rochelle,qui lui paraissait peu exécutable, la monarchie n’ayant pas mis à sa disposition les fonds nécessaires pour lever suffisamment de troupes. Il prit cependant l’île de Ré en mars 1568, quelques jours avant la paix de Longjumeau, le 23 mars 1568.

Après une courte trêve, la troisième guerre de religion fut une lourde épreuve pour Monluc, qui ne put s’opposer à la marche d’une armée protestante menée par Montgomery venue du Dauphiné et de Provence au secours de La Rochelle et de l’Aunis. De violents dissentiments l’opposèrent à Henri Ier de Montmorency, comte de Damville, fils du connétable Anne de Montmorency et gouverneur du Languedoc, auquel il reprocha un manque de volonté à combattre les réformés, voire de mener double jeu. Monluc infligea néanmoins des échecs à Montgomery, qui venait de faire une dure campagne en Béarn et en Navarre. En septembre 1569, Monluc marcha sur Mont-de-Marsan, place protestante devant laquelle les catholiques avaient échoué à plusieurs reprises. Ayant réussi à s’emparer de la ville, il ordonna le massacre de la garnison pour venger la mort de nombreux catholiques qui avaient été exécutés lors de la prise de Navarrenx par les protestants. En juillet 1570, il eut le nez et les joues arrachés par un coup d’arquebuse alors qu’il montait à l’assaut lors de la prise de Rabastens-de-Bigorre. Cette terrible blessure, qui ne guérit jamais tout à fait, l’obligea à porter un masque de cuir jusqu’à sa mort, afin de cacher son visage mutilé, et mit un terme à ses exploits militaires.

La paix de Saint-Germain, signée le 8 août 1570, fut suivie pour Monluc de grands déboires. La monarchie s’engageait alors dans une politique de réconciliation avec les protestants. Le vieux capitaine, haï de tous les protestants, en fit les frais et Charles IX le sacrifia sur l’autel de la politique : la lieutenance de Guyenne lui fut retirée, sans doute sous l’influence des Montmorency, dont il s’était attiré l’inimitié, et une vérification de ses comptes fut engagée par ses ennemis. On l’accusait d’avoir pillé les caisses de l’État, prélevé sur les fonds destinés à la levée des troupes et à l’entretien de la guerre et de s’être approprié les biens de certains huguenots. Le duc d’Anjou, futur Henri III, qui avait, pendant la campagne de 1569, écouté ses avis avec référence et avait un peu de sympathie pour Monluc, intervint pour que le procès sur ses comptes se terminât de manière favorable pour lui. Dans sa retraite, Monluc avait commencé, avec l’aide de secrétaires, à rédiger ses Commentaires, qu’il dédia au duc d’Anjou, héritier du trône de France en cas de décès de son frère Charles IX. D’abord entreprise pour se défendre des accusations portées contre lui, la rédaction de ses mémoires devint ensuite pour Monluc une façon de conseiller les capitaines des générations futures et de justifier certaines de ses actions. S’il s’appuya avant tout sur sa mémoire légendaire pour relater sa carrière, Monluc consulta également les ouvrages historiques de son temps ainsi que les archives. Riches en détails concrets et en conseils pratiques, les Commentaires sont loués dès leur parution, le roi de Navarre et futur Henri IV n’hésitant pas à les qualifier de « Bréviaire du soldat ». Appelé par le duc d’Anjou au début de 1573 pour le conseiller lors du siège de La Rochelle, il prit place dans son état-major.

En septembre 1574, Monluc se rendit à Lyon pour l’arrivée de Henri III qui, suite au décès de son frère Charles IX, venait juste d’abandonner son éphémère trône de Pologne pour monter sur celui de France. Le nouveau roi, qui appréciait Monluc, consacra la carrière de celui-ci en l’élevant à la dignité de maréchal de France. L’année suivante, Blaise de Monluc abandonna tout commandement militaire après avoir mené le siège de Gensac et tenté en vain pendant trois semaines de s’emparer du château de Madaillan (à une dizaine de kilomètres au nord d’Agen). Définitivement retiré, partageant désormais son existence entre son hôtel particulier d’Agen et le château d’Estillac, Monluc acheva la rédaction de ses Commentaires et mourut le 26 août 1577.

 

Sa demeure, le château d’Estillac

 

 

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Le château dont les éléments les plus anciens datent du XIIIe siècle siècle, appartint à Blaise de Monluc et à ses frères et sœur par héritage de ses oncles en 1544 et il a racheté progressivement leurs parts. De ses guerres en Italie il a rapporté la construction bastionnée. Il entreprend, probablement en 1570 (une lettre de Monluc datée de 1567 indique qu’il fait venir du bois pour construire son château, mais a dû commencer les travaux après la mort de sa première femme), de modifier le château pour le mettre en défense pendant les troubles des guerres de religion. Il a augmenté les défenses du château en ajoutant des bastions protégeant l’entrée. Il avait prévu de construire une chapelle dans le bastion pour y être enterré et il a fait construire un monument funéraire qui se trouve à l’extérieur du château.

Le château a un plan trapézoïdal très fermé donnant à la cour intérieure un plan presque triangulaire. Les travaux ont englobé les anciens bâtiments. Les ailes et les bastions sud et est reprennent un plan qui a été introduit par les ingénieurs militaires italiens et dont on peut voir la première mise en pratique en France à Navarrenx, que Fabricio Siciliano a fortifié pour Henri d’Albret. Les défenses de l’entrée comme les parties hautes du bastion ont dû être démolies en 1793.

Blaise Monluc s’y retira en 1575 pour écrire ses Commentaires mais il mourut en 1577 à Condom dont son fils était évêque ; il a été enterré dans la cathédrale. Sa famille a conservé le château jusqu’en 1753, date à laquelle il fut vendu à René-Louis de Montadouin. Lui-même céda le château à François-Louis de Brondeau d’Urtières, en 1787. Depuis le château est resté dans la même famille.

Ce château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 mars 1958.

 

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Sa demeure natale : le château de Monluc

 

 

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L’endroit où se situe le château est fréquenté depuis l’époque néolithique. Plusieurs outils de pierre polie façonnés à cette époque ont été trouvés sous la terrasse qui sera plus tard la Haute cour du château fort.

Les Gaulois en ont fait un oppidum et le nom de Saint-Puy vient du latin summum podium (le point culminant). Le nom de leur tribu, les GARITES, donnera plus tard son nom au Comté qui aura sa capitale au Saint-Puy : le Comté de GAURE

Quant à la maison, c’est une des plus anciennes de la Gascogne puisqu’elle est citée dans l’Histoire des Gaules avant 929. Elle a depuis ce moment toujours été habitée.

Après les invasions barbares, au cours du règne des Mérovingiens puis des Carolingiens, un premier donjon en bois est construit, puis en pierre. Une ville va se former petit à petit autour du château fort et sur le flanc de la colline.

Saint-Puy (ou Sempuy) devient la capitale du comté de Gaure.

Avant 929, Saint Puy appartient au Duc de Gascogne. En 929 partage est fait entre ses 3 petits-fils : le 1er a le Comté d’Armagnac avec Lectoure, le 2ème a le Fezensac avec Vic-Fezensac et le 3ème, le Comte Frédelon a le Comté de Gaure avec Saint-Puy.

En 1272, sous le règne de Géraud de Casaubon, Comte de Gaure, le château et la ville sont assiégés, brûlés en partie par le Comte d’Armagnac (Lectoure), et ensuite restaurés sur l’ordre du Roi de France, Philippe le Hardi.

A cette époque il y a une garnison anglaise à Saint-Puy car du 12ème au 15éme siècle, nous sommes dans la mouvance du Roi d’Angleterre.

En 1425 le roi Charles VII (le roi de Jeanne d’Arc) donne le comté de Gaure à son cousin Charles d’Albret. Celui-ci, sans doute en 1470, offre le château avec quelques terres à son fidèle « Maistre d’Hostel » : Pierre de Lasseran-Massencome, Seigneur de Monluc, arrière grand-père de Blaise de Monluc.

Blaise de Monluc (1500-1577) grand guerrier sera nommé Maréchal de France. Chargé par le Roi de pacifier la Gascogne pendant les troubles religieux, il dictera ses mémoires qu’il appellera « Commentaires ».

Au 17ème siècle, les fortifications de la ville et du château seront démantelés, certainement sur l’ordre de Louis XIV.

En 1720, les héritiers de Monluc vendent au Comte de Morlan, dont une petite fille, Gabrielle-Minette épousera Victor Lassus, un membre de la famille du propriétaire actuel, à la fin du 18ème siècle.

Le domaine ayant été vendu en 1900, René Lassus le rachète en 1961 pour y développer son domaine viticole.

 

Les Romains qui développent la culture de la vigne et les communications, apportant du même coup la richesse à cette région qui allait devenir la GASCOGNE. Un peu plus tard, passent les Sarrazins qui amènent avec eux l’alambic.

Le décor est planté, les éléments sont en place pour permettre à l’esprit inventif des Gascons de s’exprimer pleinement.

Ajoutons que les Anglais, occupants repoussés du pays gascon au 14° siècle, voient d’un très mauvais oeil le commerce des marchands Hollandais avec leurs anciens domaines et vous avez la naissance de l’Armagnac. En effet, les bateaux Hollandais n’étaient autorisés à franchir l’étape de Bordeaux, toujours Anglais, et à remonter la Garonne pour venir charger les vins du Haut-Pays Gascon qu’à partir du printemps suivant la récolte. Il était alors déjà trop tard pour bon nombre des vins de cette époque, qui, plus ou moins bien stockés, n’avaient pas la patience d’attendre de longs mois et se trouvaient abîmés à l’arrivée des marchands Hollandais. Ceux-ci eurent alors l’idée de faire distiller une partie de ces vins pour incorporer l’alcool obtenu aux vins restants. Ce vinage avait pour effet de garantir une bonne conservation des vins.

Quelque vigneron distrait oublia-t-il un peu de cette eau-de-vie au fond d’un fût de chêne? Nul ne le sait avec certitude. Mais quoiqu’il en soit, à partir de cette époque on se mit, en Armagnac, à distiller du vin pour produire un alcool de bouche. C’était, au 15° siècle, une grande originalité, puisque jusqu’alors, l’alcool était réservé aux médecins, aux parfumeurs et aux alchimistes.

Les siècles passant, la renommée de l’Armagnac et des Gascons grandit peu à peu, tandis que les villages médiévaux comme Saint-Puy, perchés sur leurs collines à l’écart des routes et des rivières, commençaient à perdre de leur influence et s’endormaient. Cependant, le génie créatif des Gascons, bien vivant lui, fut transmis de génération en génération. Il n’est donc pas surprenant que les vignerons locaux et, parmi eux, l’arrière grand-père de René Lassus, aient toujours pensé à expédier leurs vins hors de leur région: ils ne faisaient que suivre en cela une tradition séculaire. Et les viticulteurs gascons qui, à la fin du siècle dernier, vendaient leurs vins en Champagne ne s’y étaient pas trompés: terroir et qualité des vins de nos côteaux se prêtent admirablement à l’élaboration de vins vifs, secs et de race. C’est ainsi que René Lassus, approfondissant tout naturellement la démarche de son aïeul, eut l’idée de champagniser les vins de son vignoble tout en continuant à en distiller une partie. Le Château de Saint-Puy est en Ténarèze, une des régions fortes de l’Armagnac et la distillation a toujours tenu une grande place dans l’activité de ses vignerons. La juxtaposition de l’esprit inventif des Gascons et de leur admirable eau-de-vie devait, on l’imagine, entraîner le foisonnement de recettes familiales dont certaines étaient tout à fait originales. L’idée du Cocktail POUSSE-RAPIERE ne vint pas autrement et René Lassus, améliorant la recette familiale, associa la liqueur d’Armagnac au Brut qu’il produisait en méthode traditionnelle champenoise pour créer le Cocktail POUSSE-RAPIERE que nous connaissons. Le succès, jamais démenti, de ce Cocktail tient au fait que les deux composants sont élaborés, dès l’origine, dans le souci de réaliser un mélange équilibré. Le vin et la liqueur sont faits l’un pour l’autre, à partir du même terroir, du même vignoble et leur mariage est le plus heureux, le plus harmonieux et le plus naturel qui soit.

 

 

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