Biographie d’Henrik Ibsen.

 

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« Il y a ceux qu’on aime et ceux avec qui on se plait ».

 

Le 20 mars 1828, Henrik Johan Ibsen naît à Skien, en Norvège, dans la « maison Stockmann ». Il est le fils de Knud Plesner Ibsen et de Marichen Altenburg, l‘aîné d’une famille de cinq enfants. Les Ibsen sont membres de la bourgeoisie locale. Son père cependant, marchand de son état, fait faillite en 1835, ce qui contraint les siens à déménager à Venstop, après que les biens de la famille ont été vendus aux enchères. Le 3 janvier 1844, Henrik Ibsen quitte ses parents et gagne Grimstad. Là, il s’emploie en tant qu’apprenti chez le pharmacien Jens Aarup Reimann, demeurant à ses cotés six années durant. En 1846, le 9 octobre, un enfant naît des suites d’une liaison entre le jeune homme et Else Sophie Jensdatter, une domestique de la maison Reimann. Dans les années qui suivent, il s’essaie à la littérature, rédigeant quelques vers, mais aussi une pièce de théâtre, « Catilina ». A Christiania en 1850, Ibsen, malgré ses lacunes en grec et en arithmétique, obtient son baccalauréat.


La même année voit la toute première représentation d’un spectacle écrit par Ibsen, la pièce en un acte, « Le Tertre des guerriers », au Christiania Theater, le 26 septembre, sous le pseudonyme de Brynjolf Bjarme. L’étudiant qu’il est devenu se préoccupe quelques temps de politique et adhère au syndicalisme naissant. A Bergen et grâce à Ole Bull, un violoniste norvégien, Ibsen est engagé par le Théâtre norvégien (Det Norske Theater) de Bergen comme assistant metteur en scène. C’est pourquoi, en 1852, il est envoyé au Danemark, puis en Allemagne étudier l’art de la scénographie. A son retour, il fait jouer, à Bergen, « La Nuit de la Saint-Jean » (Sancthansnatten),qui est un échec, puis « Dame Inger d’Østeraad » en 1855, « La Fête à Solhoug » l’année suivante, « Olaf Liljekrans » enfin, ces deux dernières œuvres s’inspirant des Ballades populaires norvégiennes de Brostrup Landstad. Au cours de l’été 1857, l’auteur dramatique se voit offrir un poste de directeur artistique par le Théâtre de Christiania.


Le 18 juin 1858, Henrik Ibsen épouse Susanna Thoresen, belle-fille de Magdalene Thoresen, un écrivain alors réputé. Ensemble, les jeunes époux s’installent à Christiania (l’actuel Oslo). Un fils, prénommé Sigurd, naît le 23 décembre 1859. Après avoir fait jouer « Les Guerriers à Helgeland », l’écrivain fonde la Société norvégienne chargée de développer la diffusion de la culture locale. Les années qui suivent sont cependant difficiles pour lui. Sa gestion du Théâtre de Christiania est en effet très critiquée. Celui-ci doit d’ailleurs fermer ses portes en 1862. Entre-temps, Ibsen demande, en vain, au gouvernement de lui octroyer les subsides nécessaires à financer un voyage à l’étranger, afin de s’initier aux techniques théâtrales dans les grandes capitales européennes. Les périodes de doute, de dépression se succèdent alors. A tel point que le dramaturge songe au suicide.


En 1862, il rédige « La Comédie de l’amour » et part pour un périple dans le Gudbrandsdal et l’Ouest de la Norvège, en quête d’éléments littéraires issus de la mémoire populaire. Le folkloriste, qui vit à présent dans le dénuement, publie l’année suivante les « Prétendants à la Couronne », qui sera joué à Christiania avec un très grand succès. Celui qui s’est voué à célébrer la culture nordique doit s’expatrier, faute d’une plus large reconnaissance de son talent. Le 5 avril1864, Ibsen part ainsi pour un long voyage qui durera vingt-sept années. A Copenhague, puis à Lübeck, Berlin, Vienne, il est enfin à Rome, bientôt rejoint par sa femme et leur fils. En 1866, l’écrivain publie « Brand », un drame destiné à être lu, très inspiré de la philosophie de Kierkegaard. L’ouvrage est un succès. A tel point que le gouvernement norvégien attribue à son auteur une subvention annuelle. Celui-ci est désormais à l’abri du besoin. L’année suivante, le 14 novembre, après quelques voyages au cœur de l’Italie, Ibsen publie « Peer Gynt ». Cette pièce, en cinq actes, à peu près injouable donc, lui assure cette fois-ci une renommée définitive. A sa demande, le compositeur Edvard Grieg la mettra en musique.


En 1868, Ibsen et les siens s’installent à Dresde. L’année suivante, en Suède, l’écrivain reçoit une décoration des mains du roi Charles XV, avant d’être invité à représenter son pays lors de l’ouverture du canal de Suez. Au mois de septembre de la même année, il publie « L’Union des jeunes » (Des unges Forbund), une comédie en prose qui se déroule dans le monde contemporain. Un tournant dans son œuvre. De retour d’Egypte, Ibsen se réinstalle à Dresde. L’année 1871 est celle de la publication de son unique recueil de vers, « Poèmes » (Digte). Après avoir été décoré par le Danemark, c’est au tour de la Norvège, sa patrie, de lui accorder une distinction. Ibsen est fait chevalier de l’ordre de saint Olaf en 1873, alors qu’il fait partie, à Vienne, du jury de l’Exposition internationale d’art. Cette reconnaissance internationale lui vaut également d’être traduit en langue étrangère. Brand peut désormais être lu en allemand.


Après avoir fait paraître « Empereur et Galiléen » (composé de La Chute de César et de L’Empereur Julien), une pièce construite autour du dualisme liberté, nécessité, l’écrivain est de retour en Norvège, l’espace d’un court séjour à Christiania. L’année suivante, il se réinstalle à Munich, où le théâtre de la Cour donne une représentation des « Guerriers à Helgeland ». Enfin, une de ses œuvres est jouée hors de Scandinavie. Après les « Soutiens de la société » en 1877, « Une Maison de poupée » est publié le 4 décembre 1879, puis joué pour la première fois au Théâtre royal de Copenhague, le 21 décembre suivant. Installé à Rome jusqu’en 1885, Ibsen rédige « Les Revenants » en 1881, un autre de ses chefs d’œuvre, « Un Ennemi du peuple » en 1882, « Le Canard sauvage » en 1884. Enfin, après onze années d’exil, en 1885 donc, le fils prodigue revient en Norvège, l’espace d’un été. Suivent « Rosmersholm » en 1886, « La Dame de la mer » en 1888…


A présent la notoriété d’Ibsen est internationale et sa gloire littéraire définitivement assise. Ses pièces sont jouées partout en Europe, à Londres, à Bruxelles, à Paris, à Berlin, et aux Etats-Unis. 1891, « Hedda Gabler », 1892 le Constructeur Solness, le Petit Eyolf en 1894… Entre temps, les Ibsen sont de retour, définitivement, en Norvège, leur Mère-Patrie, et s’installent à Christiania. En 1898, l’année de ses soixante-dix ans, Ibsen est fêté un peu partout dans le monde. En Norvège et en Allemagne, une édition complète de ses œuvres est entreprise. Au delà, ses pièces sont jouées et appréciées. L’année suivante est celle de la publication de « Quand nous, morts, nous réveillerons », la dernière œuvre du dramaturge. En 1900, puis en 1901, Ibsen subit une attaque d’apoplexie. L’écrivain, à présent, ne peut plus pratiquer sont art et décède le 23 mai 1906.

 

Oslo sa ville.

 

A Oslo, l’ombre d’Ibsen est facile à attraper ! Il suffit de marcher en plein centre, dans cette ville rectiligne dont les reliefs et les façades colorées brouillent la rigueur géométrique. Quand il était enfin devenu l’idole de ses compatriotes, Ibsen faisait deux fois par jour la même promenade, à midi et à 18 heures. Il habitait à l’ouest du château royal et de son parc, (il avait la clef du château, le roi lui en avait remis un double), autour desquels se noue tout le centre de la cité. De là il descendait pour atteindre la rue Karl-Johan, qui relie le château au Parlement, et marchait jusqu’au Grand Café du Grand Hôtel. Il prenait place derrière la vitre donnant sur la rue, buvait un alcool puis repartait par le même chemin.

 

La large artère qui forme avec une rue parallèle une avenue boisée en son centre n’a guère changé et s’allonge parmi les immeubles blanc et jaune. Au Grand Café, la table d’Ibsen est mise en évidence et conserve sur son plateau de bois un verre prêt à être servi et un haut-de-forme posé sur un journal d’époque. Un carton indique que la place est « réservée à Henrik Ibsen ». On peut s’y faire photographier, mais pas s’y installer. Dans la même rue, le beau Théâtre national se campe sur ses arches et ses colonnes. Ibsen l’a connu, il a même vu naître les deux statues vert-de-grisées qui se dressent à sa proue : la sienne et celle de son ami et rival, Bjornstjerne Bjornson, les deux gloires du théâtre norvégien. Il n’aimait guère son effigie. En effet, raide dans son manteau sombre, il a l’air maussade et bougon.

 

Dans le centre d’Oslo, les trajets se font en quelques enjambées. Presque tout est à la portée du marcheur le plus paresseux : le joli port dont le fer à cheval place quelques voiliers anciens et des navires modernes sur une eau très bleue, les Galeries nationales, où « Le Cri » de Munch (qui fit des dessins pour Ibsen) est accroché entre un Picasso et un Gauguin. Pour l’appartement de l’écrivain, devenu musée, il suffit d’avoir l’allant très relatif d’Ibsen, qui, tout descendant de Viking qu’il soit, était petit et peu sportif. On monte à la gauche du château et, au-dessus d’un restaurant italien, l’Ibsen-Museet ouvre ses portes et sa longue enfilade de pièces. Très récemment restauré, il a retrouvé son encombrement d’origine : les bourgeois d’alors aimaient les cadres innombrables, les meubles massifs, les rideaux lourds. La traversée du bureau de l’écrivain est un moment poignant : alors que la décoration vise au grandiose, la table de travail est de dimension modeste, très humble.

 

A sa droite, Ibsen avait suspendu un grand portrait de Strindberg, dont le peintre Christian Krogh avait dégagé l’aspect brutal et presque halluciné. Strindberg, son jeune et grand rival suédois, qui ne cessait de le défier par ses pièces et ses déclarations belliqueuses. Ibsen observait tous les jours les yeux fous de l’ennemi et trouvait dans ce duel mental les forces qui lui permettaient de repousser les blessures de l’âge.

 

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