Biographie de George Sand

 

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« Le temps n’endort pas les grandes douleurs, mais il les assoupit ».

 

Aurore Dupin naît à Paris, au n°15 de la rue Meslay, le 1er juillet 1804. Son père, aide de camp du prince Murat, accompagne celui-ci lors de l’expédition d’Espagne. Au mois d’avril 1808, Sophie Delaborde, sa femme, et sa fille le rejoignent à Madrid. Dès l’été suivant, la famille Dupin est de retour en France, dans la propriété familiale de Nohant appartenant à Mme Dupin mère, fille naturelle du maréchal Maurice de Saxe, et donc née Marie-Aurore de Saxe. Le 16 septembre de la même année, Maurice Dupin fait une chute de cheval mortelle. L’enfant est alors confiée à sa grand-mère, qui s’en voit attribuée officiellement la tutelle par sa belle-fillle le 28 janvier 1809. Elle grandira donc dans l’Indre, effectuant néanmoins quelques séjours auprès de sa mère dans la capitale parisienne.

Confiée d’abord aux bons soins d’un précepteur, Deschartres, le 18 janvier 1818, Aurore entre comme pensionnaire au couvent des Augustines anglaises, rue des Fossé-Saint-Jacques à Paris. Elle quitte l’institution le 12 avril 1820, non sans avoir connu l’été précédent une véritable crise mystique. Avec le décès de sa grand-mère, le 26 décembre 1821, se pose de nouveau le problème de la tutelle de la jeune fille, partagée entre sa mère et une tierce personne choisie par Mme Dupin. Afin de s’éloigner de ces intrigues, Aurore séjourne au printemps 1822 chez des amis de son père, les Roettiers du Plessis, au Plessis-Picard, près de Melun. Elle fait alors la rencontre de François-Casimir Dudevant, saint-cyrien et licencié en droit, fils de notable et bon parti, qu’elle épouse le 17 septembre suivant.

Cette union est un échec sentimental, malgré la naissance de deux enfants, Maurice venu au monde le 30 juin 1823 puis Solange, quelques années plus tard, le 13 septembre 1828. Celle-ci d’ailleurs est peut être la fille de Stéphane Ajasson de Grandsagne, un jeune nobliau des environs, collaborateur du baron Cuvier au Museum d’Histoire naturelle, avec lequel Aurore a eu une liaison de quelques mois. Le 30 juillet 1830, la jeune femme fait également la connaissance de Jules Sandeau, âgé à l’époque de dix-neuf ans, lors d’une réception chez des amis, les Duvernet, au château voisin de Coudray. Celui-ci devient rapidement son amant. Aurore obtient l’accord de son mari de partager désormais son temps entre Nohant et Paris, celui-ci acceptant également de lui verser une rente de 1.500 Francs. Elle retrouve alors Jules Sandeau, qui fait son droit dans la capitale, l’année suivante.

Ensemble, ils logent dans un appartement, 31 rue de Seine-Saint-Germain, avant de s’installer au 25 quai Saint-Michel. Sandeau a des ambitions littéraires qu’il fait partager à sa maîtresse. Les deux amants publient un premier roman, « Le Commissionnaire », écrit de concert, qui paraît le 24 septembre 1830, puis « Rose et Blanche » au mois de décembre suivant. Cette dernière œuvre est d’ailleurs signée Jules Sand. L’année suivante, Aurore Dudevant rédige seule « Indiana », un roman d’amour contant l’histoire d’une jeune fille mal mariée, qui paraît le 18 mai sous le pseudonyme de G. Sand. Malgré l’épidémie de choléra qui sévit à Paris et occupe les esprits, celui-ci connaît un vif succès. Au mois de novembre 1831, « Valentine », premier roman berrichon, portera pour nom d’auteur George Sand. Celle-ci entame une collaboration avec La Revue des Deux-Mondes, pour laquelle elle s’engage à rédiger une chronique. Le 29 mai 1836, dans ces pages très courues, elle dénonce ainsi le silence qui règne sous les toits, les affres de la vie conjugale. L’écrivain se lie aussi avec des personnalités du monde des lettres et des arts : le critique Sainte-Beuve, l’actrice Marie Dorval…

Elle fait la rencontre d’Alfred de Musset en juin 1833, lors d’un dîner qui réunit les collaborateurs de La Revue. Quelques semaines plus tard, le poète devient son amant. Ensemble, ils partent, le 12 décembre suivant, avec la malle-poste pour un voyage romantique à destination de l’Italie. En compagnie de Stendhal,qui rejoint Civitavecchia et son poste de consul, Sand et Musset descendent la vallée du Rhône en bateau avant de s’installer, le 1er janvier 1834, à l’Hôtel Albergo Reale Danieli à Venise. Musset tombe alors gravement malade. Au mois de juillet, Georges Sand quitte enfin Venise après un séjour idyllique et passionné, assombri cependant par les tromperies réciproques. La fin de l’année est d’ailleurs faite de ruptures et de réconciliations entre Alfred de Musset et George Sand. Celle-ci entretient une liaison avec un autre amant, le médecin italien Pagello qui avait soigné l’écrivain pour sa dysenterie dans la cité vénitienne. La séparation est à présent rendue inévitable.

Au cours de ces quelques mois de passion amoureuse, George Sand multiplie les publications« Lélia », le 18 juillet 1833 ; « Le Secrétaire intime », le 19 mars 1834 et enfin « Jacques » le 20 septembre de la même année. L’écrivain, qui trouve avec la vente de ses livres, une indispensable indépendance financière, met en scène l’amour, s’interrogeant au passage sur l’utilité du mariage. Elle est de retour à Nohant, seule, le 19 août 1834. C’est alors que survient un événement d’importance dans sa vie de femme : Aurore Dupin obtient la séparation d’avec son mari, prononcée par le tribunal de La Châtre, le 16 février 1836. Toujours avide de voyages, de paysages et de rencontres, George Sand passe ensuite le reste de l’année en villégiature en Suisse, en compagnie du compositeur Franz Liszt et de Marie d’Agoult. Paraît bientôt un nouveau roman intitulé « Simon », suivi de « Mauprat » en 1837.

Au mois de juin 1838, débutent de nouvelles amours, avec Frédéric Chopin. Ensemble, ils effectuent à partir du mois d’octobre suivant un long séjour aux îles Baléares. De retour à Nohant, les deux amants organisent leur existence entre Paris et la province, leur vie de couple en compagnie des enfants de George Sand. Celle-ci poursuit son travail de plume. Paraît « Le Compagnon du Tour de France », le 12 décembre 1840, un récit issu de l’amitié qui lie à présent Sand à Agricol Perdiguier, dit Avignonnais la Vertu, chantre du bel ouvrage. Suivront « Pauline » en 1841, puis « Consuelo » au mois de février 1842. Viennent ensuite « Le Meunier d’Angibault » en 1845 et enfin « La Mare au diable », le 6 février de l’année suivante. Solange, sa fille, se marie au sculpteur Auguste Clesinger, le 19 mai 1847. Tandis que George Sand adresse le 28 juillet suivant à Frédéric Chopin une lettre se terminant par ces mots :  » Adieu mon ami « .

Par le passé, inspiré par ses relations avec les penseurs socialistes, Leroux, Cabet…, Georges Sand s’était essayée au journalisme, en fondant La Revue indépendante, ainsi que L’Éclaireur de l’Indre. Le 1er mars1848, l’écrivain est maintenant à Paris, prenant fait et cause pour la Seconde République, aux côtés de son ami Louis Blanc, d’Alexandre Ledru-Rollin alors membre du Gouvernement provisoire. Après avoir créé un journal, La Cause du Peuple, elle participe à la rédaction des Bulletins de la République et publie également plusieurs pamphlets : « Aux Riches », « Histoire de France écrite sous la dictée de Blaise Bonnin »... Cependant le tour conservateur pris par le nouveau régime déçoit George Sand. Avec l’échec de la manifestation du 15 mai 1848 et les Journées de Juin, celle-ci est bientôt de retour à Nohant, quittant définitivement la scène politique.

L’écrivain est très affectée par la disparition de l’actrice Marie Dorval, puis de celle de son ancien amant Frédéric Chopin. Elle se consacre l’année suivante à la création du Petit Théâtre de Nohant, installé dans la chambre des Marionnettes de la propriété familiale. Celui-ci est inauguré au mois de décembre. Vient également la publication de « François le Champi » au mois de décembre 1847de « La Petite Fadette » le 1er décembre 1848. En 1850, commence sa liaison avec le graveur Alexandre Manceau, un ami de son fils, devenu son secrétaire. Alors que le ménage Clésinger se sépare en 1854, leur fille Jeanne décède l’année suivante. George Sand est de nouveau envahie par la tristesse. Elle se décide à partir pour un voyage en Italie, le 28 février 1855, désirant prendre le large de cette atmosphère pesante qui était devenu son lot quotidien.

Dans les années qui suivent, l’œuvre de George Sand va de nouveau changer d’aspect. Après s’être intéressée aux relations amoureuses, délaissant désormais les romans champêtres, avec « La Daniella », publié au mois de janvier 1857, elle s’inspire de ses souvenirs italiens. L’écrivain poursuit également la rédaction de ses « Histoires de ma vie » commencées en 1854. Paraît ensuite, à partir du 1er octobre 1857, un grand roman de cape et d’épée intitulé « Ces Beaux messieurs de Bois-Doré » mais aussi « Elle et lui », du 15 janvier au 1er mars 1859 dans La Revue des Deux-Mondes. Cette dernière œuvre est un hommage à l’amour passionné qui l’avait saisi au temps de sa liaison avec Alfred de Musset, récemment disparu. George Sand se consacre également à la publication de pièces de théâtre.

L’écrivain effectue quelques voyages en province au cours de ces années. Un séjour en Auvergne lui inspire « Jean de la Roche » en 1859 puis « Le Marquis de Villemer », une aimable idylle mondaine publiée le 15 juillet de 1860. C’est alors que pendant l’automne 1860, George Sand est atteinte d’une grave crise de maladie. Aussi passe t-elle quelques temps à Tamaris, près de Toulon, au printemps 1861. C’est d’ailleurs le titre d’un roman provençal publié peu après. Vient ensuite « Mademoiselle La Quintinie », une œuvre violemment anticléricale rédigée en 1863, qui suscite des réactions passionnées dans l’opinion. L’année suivante, l’écrivain et son compagnon Alexandre Manceau décident de s’installer à Palaiseau.

Le 18 février 1865, paraît une deuxième œuvre inspirée du cadre provençal, « La Confession d’une jeune fille ». George Sand effectue ensuite un séjour à Croisset auprès de Gustave Flaubert avec lequel elle entretient une correspondance depuis le mois de janvier 1863. L’écrivain, qui autrefois avait apporté son aide aux proscrits du 2 décembre, participe d’ailleurs en sa compagnie aux « dîners Magny », retrouvant à la table du restaurant parisien quelques-unes des grandes plumes de l’époque : Ernest Renan, Charles Augustin Sainte-Beuve et les frères Jules et Edmond de Goncourt. Se succèdent ensuite de nouveaux textes parmi lesquels des « Contes d’une grand-mère » qu’elle destine à ses petites filles, le premier volume paraissant le 15 novembre 1873.

George Sand décède le 8 juin 1876 à Nohant d’une occlusion intestinale jugée inopérable. Le 10 juin suivant, ont lieu ses obsèques en présence de son ami Flaubert, d’Alexandre Dumas fils et du Prince Napoléon venus de Paris. L’écrivain, auteur de plus de quatre-vingt dix romans, est inhumé dans la propriété familiale.

 

 

La Villa Algira à Gargilesse 

 

 

1845 Jun. 18

 

En dehors de Nohant, bien d’autres lieux du Berry conservent le souvenir des séjours, des promenades ou des sources d’inspiration de George Sand. 

A cinquante kilomètres de Nohant, au bord de la rivière Gargilesse, cette grande voyageuse redécouvre un jour de 1857 le petit village du même nom qu’elle avait déjà traversé plusieurs années auparavant avec Frédéric Chopin.  Nous sommes en juin 1857, en plein Second Empire. George Sand a cinquante-trois ans, est célèbre depuis vingt-cinq ans, possède toujours ses beaux yeux noirs et son mètre cinquante-quatre. Elle est accompagnée par son amant Alexandre Manceau, ex-ami de son fils Maurice et graveur de son état, et de Depuizet, entomologiste renommé. La chasse aux papillons les a attirés dans cette vallée.

Comme elle le raconte dans « Carnets de Voyage à Gargilesse », ils pensent n’y être que de passage mais le charme du lieu et de l’auberge Malesset en particulier (devenue depuis l’hôtel des Artistes) les y retiennent quelques jours… qui deviendront quelques années. Les propriétaires du château du village sont bien des amis de la grand-mère de l’écrivain, mais l’auberge possède un avantage crucial sur le château : la propreté.

Alexandre Manceau achète en juillet un petit deux-pièces (qu’il agrandira) encastré dans une autre maison et qui empruntera son nom à celui d’un papillon rare qu’ils découvrent cet été-là : Algira. George Sand rêvera d’acheter une autre maison dans le village, mais ses habitants, s’il ont peu de biens, sont le plus souvent propriétaires de leur demeure, et peu sont à vendre. Manceau lui offrira la villa Algira.

Il faut à l’époque cinq heures pour accéder à Gargilesse depuis Nohant, situé à 50 kilomètres. Les étés y sont souvent d’une chaleur insoutenable. Comparée à la douzaine de pièces de la maison de Nohant, la villa Algira est inconfortable. Mais elle est calme et n’est pas agitée par les distractions et parfois les disputes familiales qui peuplent l’atmosphère de Nohant. Et l’inconfort n’empêche pas Sand d’écrire, au contraire peut-être (à Nohant, c’est sur le bureau-placard de son boudoir qu’elle a écrit « Indiana » en 1832).

« Il faut arriver là au soleil couchant : chaque chose a son heure pour être belle », écrit-elle dans « Promenades autour d’un village ». Fuyant parfois Nohant pour chercher la solitude, elle y fit plusieurs séjours, tous assez courts et, dans les intervalles de ses promenades y travailla à : « Les beaux messieurs de Bois-Doré » (1857), « L’homme de neige » (1858). On trouve le village et ses environs décrits dans « Le péché de Monsieur Antoine », avec l’usine de M. Cardonnet sur le bord de la Gargilesse.

Le décès d’Alexandre Manceau, survenu le 21 août 1865, va mettre un terme aux séjours de George Sand à Gargilesse. C’est son fils, Maurice Sand, qui héritera de la maison. Il la revendra, deux ans après la mort de sa mère, en 1878.

Pendant 80 ans, la maison va connaître plusieurs propriétaires, au gré des ventes et des successions. Elle va être agrandie et sensiblement modifiée. Mais en 1958, Aurore Sand, petite-fille de George Sand, s’intéresse à son tour à la villa Algira. La commune de Gargilesse fait alors l’acquisition de la maison et Aurore Sand en devient locataire, non pour l’habiter, mais pour en faire un musée en souvenir de George Sand.Aujourd’hui, la villa Algira a su garder l’authenticité souhaitée par Aurore Sand, et le charme désuet connu par George Sand. Elle est gérée par madame Christiane Sand, belle-fille d’Aurore Sand et héritière morale de George Sand.

Des visites guidées sont proposées, du 1er avril au 30 septembre, de 9 h 30 à midi et de 14 h 30 à 18 h 30 (fermeture le mardi).

 

 Merci à « Terres d’écrivains » et au musée « Villa Algira ».

 

 

Gargilesse est un nid bâti au fond d’un entonnoir de collines rocheuses où se sont glissées des zones de terre végétale. Au-dessus de ces collines s’étend un second amphithéâtre plus élevé. Ainsi de toutes parts le vent se brise au-dessus de la vallée, et de faibles souffles ne pénètrent au fond de la gorge que pour lui donner la fraîcheur nécessaire à la vie. Vingt sources courant dans les plis du rocher ou surgissant dans les enclos herbus entretiennent la beauté de la végétation environnante. La population est de six à sept cents âmes. Les maisons se groupent autour de l’église, plantée sur le rocher central, et s’en vont en pente, par des ruelles étroites, jusque vers le lit d’un délicieux petit torrent dont, à peu de distance, les eaux se perdent encore plus bas dans la Creuse. […]

Le château moderne, bâti au siècle dernier dans un style quasi monastique, soutient le chevet de l’église. L’ancienne porte, flanquée de deux tours, espacée d’une ogive au-dessus de laquelle se dessinent les coulisses destinées à la herse, sert encore d’entrée au manoir. Le pied des fortifications plonge à pic dans le torrent. Nul château n’a une situation plus étrangement mystérieuse et romantique. Un seul grand arbre ombrage la petite place du bourg, qui d’un côté domine le précipice, et de l’autre se pare naturellement d’un énorme bloc isolé, d’une forme et d’une couleur excellentes. Arbre, place, ravin, herse, église, château et rocher, tout cela se tient et forme, au centre du bourg, un tableau charmant et singulier qui ne ressemble qu’à lui-même. Le châtelain actuel est un solide vieillard de quatre-vingts ans, qui s’en va encore tout seul, à pied, par une chaleur torride, à travers les sentiers escarpés de ses vastes domaines. Riche de cinquante mille livres de rente, dit-on, il n’a jamais rien restauré que je sache; mais il n’a jamais rien détruit; sachons-lui-en gré. Les pans écroulés de ses vieilles murailles sombres dentellent son rocher dans un désordre pittoresque, et les longs épis historiés de ses girouettes tordues et penchées sur ses tours d’entrée ne peuvent être taxés d’imitation et de charlatanisme. […]

Toutes les maisons de Gargilesse sont construites sur le même plan. Le rez-de-chaussée, avec une porte à cintre surbaissé, ou à linteau droit, formé d’une seule pierre gravée en arc à contrecourbe, n’est qu’un cellier dont l’entrée s’enfonce sous le balcon du premier étage, quelquefois entre deux escaliers de sept à huit marches assez larges, descendant de face. Au premier, une ou deux chambres; au-dessus, un grenier dont la mansarde en bois ne manque pas de caractère. Beaucoup de ces maisons paraissent dater du XIVe ou du XVe siècle. Elles ont des murs épais de trois ou quatre pieds et d’étroites fenêtres à embrasures profondes, avec un banc de pierre posé en biais. On a presque partout remplacé le manteau des antiques cheminées par des cadres de bois; mais les traces de leurs grandes ouvertures se voient encore dans la muraille. Les chambres de ces vieilles maisons rustiques sont mal éclairées, d’autant plus qu’elles sont très spacieuses. Le plafond, à solives nues, est parfois séparé en deux par une poutre transversale et s’inclinant en forme de toit, des deux côtés. Le pavé est en dalles brutes, inégales et raboteuses. L’ameublement se compose toujours de grands lits à dossier élevé, à couverture d’indienne piquée, et à rideaux de serge verte ou jaune sortant d’un lambrequin découpé, de hautes armoires très belles, de tables massives et de chaises de paille. Le coucou y fait entendre son bruit monotone, et les accessoires encombrent les solives: partout le filet de pêche et le fusil de chasse. 

Il y a, dans ce village, des constructions plus modernes, des maisonnettes neuves et blanches, crépies à l’extérieur, et dont les entourages, comme ceux du château, sont en brique rouge. 
Grâce à leurs petits perrons et aux vignes feuillues qui s’y enlacent, elles ne sont pas trop disparates à côté des constructions primitives qui montrent leurs flancs de pierres sèches d’un brun roux, leurs toits de vieilles tuiles toutes pareilles de ton et de forme à cette pierre plate du pays, et leurs antiques encadrements de granit à pans coupés. La couleur générale est sombre mais hannonieuse, et les grands noyers environnants jettent encore leur ombre à côté de celle des ruines de la forteresse.

George Sand. Promenade autour d’un village.

 

 1846 Jun. 18

1847 Jun. 18

1848 Jun. 18

1849 Jun. 18

1850 Jun. 18

1851 Jun. 18

1852 Jun. 18

1853 Jun. 18

1854 Jun. 18

1855 Jun. 18

1856 Jun. 18

1857 Jun. 18

1858 Jun. 18

1859 Jun. 18

1860 Jun. 18

1861 Jun. 18

1862 Jun. 18

1863 Jun. 18

 

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